Edito St FARON – P. Félicien – novembre 2026

De la visite du pape à l’attente du Seigneur : « être ambassadeurs du Christ »

Ils sont vifs et peut-être plus vifs encore les souvenirs beaux et agréables de l’arrivée du saint Père Léon XIV en France. Depuis les jours de son attente, via son arrivée et jusqu’au jour de son départ, il me semble que tout était bien. Mais, plus qu’une description limitée des faits, la visite du pape nous invite à méditer sur notre mission comme Eglise aujourd’hui. Plus encore, et cela par ailleurs les rencontres : au stade de France, à notre Dame de Paris puis à l’Elysée, la visite du saint Père rappelle que l’Eglise est appelée à porter au monde un message de paix, d’espérance et de réconciliation. Une question émerge tout à coup. Comment un tel message pourrait-il se concrétiser du jour au lendemain, pour ne pas dire dans notre vie de chaque jour ? Saint Paul nous offre une norme intelligible : « Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ » (2 Co 5, 20).

En effet, être ambassadeur du Christ va au-delà d’une fonction de représentation fonctionnelle bien que légitime. Il s’agit d’un engagement à mener une vie faite des témoignages en acte à l’image et à la ressemblance du bon samaritain (Lc 10, 25-37). Mais, il y a plus. L’office de l’ambassadeur est structuré par une autre dynamique qui lui donne tout son sens plénier, c’est le « face-à-face ».  Nous pouvons le remarquer de la manière suivante. L’ambassadeur ne parle ni pour lui-même ni pour transmettre ses propres idées. Il prépare l’arrivée de celui qui l’a envoyé, et toute sa mission tend vers ce but. Dans cette logique, l’office de l’ambassadeur est orienté vers une présence future, vers un horizon qui transcende l’envoyé lui-même : le Christ qui vient et qui viendra. Dès lors, chaque jour devient une préparation au « face-à-face » final avec celui qui vient. C’est pourquoi le « face-à-face » est la structure de l’office de l’ambassadeur. Finalement, il permet d’unifier tout notre raisonnement. Il en est la source, puisque la mission commence par la rencontre lorsque nous la recevons du Christ, via son Eglise ; il en est le cadre d’exercice, parce que c’est dans la relation visible avec les autres que notre parole prend chair ; il en est enfin l’accomplissement, puisque le point culminant demeure la rencontre avec celui qui vient.

Ainsi donc, la visite du pape ne devrait pas rester un simple souvenir nostalgique de nos cœurs, mais devenir une invitation à renouveler notre engagement chrétien. En attendant le Seigneur, soyons des ambassadeurs fidèles qui préparent son arrivée dans la foi, l’espérance et la charité.  En entrant dans la période de l’Avent, faisons nôtre cette prière : Maranatha ! Viens, Seigneur Jésus ! Que cette attente se traduise par des gestes concrets de pardon, d’accueil et de solidarité. C’est comme cela être ambassadeur du Christ ; c’est vivre dès maintenant à la lumière de cette rencontre avec le Christ.

                                                                     P. Félicien Bosanganye-Loola.

Bulletin paroissial novembre 2026

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